Ma roulotte

Ma roulotte n’est pas très grande
Mon cheval est fatigué
Mais il va où je lui demande
Et peu m’importe, je ne suis pas pressé

Aux fenêtres de ma roulotte
Les rideaux sont délavés
J’aime encore quand ils flottent
A la brise de l’été

La cheminée qui sort du toit
Raconte par sa fumée
L’histoire du poêle à bois
Luttant contre l’hiver glacé

Les jours ou règne l’orage
On jette les ciseaux dehors
La foudre pourrait faire carnage
Alors, on éloigne le mauvais sort

Ma roulotte doucement se déplace
Au fil du vent et des saisons
Comme une tortue sous sa carapace
Cherchant les fruits de la passion

Ma roulotte n’est plus qu’imaginaire
La liberté, c’est un vrai bonheur
Les mots sont de ma mère
Le voyage est gravé dans mon cœur

Ma roulotte a laissé des traces
Les traces d’un message de paix et d’amour
J’ai peur qu’elles ne s’effacent
Alors, écrivez-les à votre tour.

Pascal

Publié dans Imaginaire | 8 commentaires

Escargot du matin

Ce matin j’ai conversé avec un escargot
Conversé est un bien grand mot
Il ne m’a à peine répondu
Comme si j’étais un inconnu

Cet escargot, je le croise tous les matins
D’habitude on parle de tout et de rien
Ce matin je pense qu’il était pressé
J’ai couru pour le rattraper

Il faisait une drôle de grimace
Il venait de se fâcher avec une limace
Un souci pour une simple priorité
La limace était soi-disant pressée

Il m’a dit avoir bien dormi
Comme un jour de pluie
A l’abri sous ses couvertures
A la bonne température

Après avoir fait mon monologue
Je lui ai conseillé un psychologue
Spécialiste des problèmes de cœur
Des gens ayant une âme de voyageur

Notre conversation fut brève
Les transports n’étaient pas en grève
Il m’a quand même remercié
Du conseil que je lui ai donné

Etait-ce vraiment ce matin
Peut-être dimanche prochain
Ai-je vraiment parlé avec un escargot
Je crois que mémoire me fait défaut.

Pascal

Publié dans Imaginaire, Vécu | 4 commentaires

Une pensée pour Raymond

J’ai été surpris d’apprendre
Que le calendrier parlait de mois
Il dit que jours après jours
Je deviendrai un vieil homme

Sur les hauteurs
Le couvreur parle de toit
Il dit qu’à cause d’une ardoise
Il va t’arriver une tuile

Se mettant à nu
Le photographe m’a parlé de lui
Depuis qu’il a fait la couverture
Il est dans de beaux draps

L’aviateur en prenant son envol
M’a parlé d’aile
De quelle aile parlait-il ?
Peut-être d’elle avec un grand A

Un électricien très branché
M’a dit qu’au fil du temps
Il avait lâché prise
Et qu’il n’était plus au courant

Personne ne m’a parlé de nous
Cela va de soit
Nous formons une belle paire
De bas en haut de la route

Tu voulais que je te tutoie
La mise à mort de ce vous
A vrai dire je l’avoue
A provoqué un certain émoi

Je ne sais plus qui m’a parlé d’îles
Peut être Napoléon ou bien Robinson
Je me souviens que c’était un vendredi
Ma mémoire est en exil depuis ton naufrage.

Pascal

Publié dans Imaginaire | 3 commentaires

Princesse homonyme

Je ne veux pas écrire pour écrire
Juste pour noircir des pages
Des mots pour le plaisir
Ou alors ceux d’un bel orage

J’ai envie d’écrire des mots vécus
Des phrases extraites de ma vie
Celles qui viennent de ma rue
D’un matin ou d’un après midi

Je préfère parler d’amour
D’amour d’hier et d’aujourd’hui
Pour dire que ça arrive un jour
Que sans hier, je n’aurais pas d’aujourd’hui

S’il n’y avait pas eu ce premier baiser
Après cette déclaration de mots hésitants
Comment le futur se serait passé
Autrement et sans souvenirs brûlants

Souvenirs d’une jeune fille en fleur
Fraiche comme la rose du matin
Sa peau velours n’était que douceur
Et ses yeux avaient la brillance du satin

Elle, la princesse de mes rêves
Belle, comme le disait Christophe en chantant
Trop belle pour venir s’échouer sur mes lèvres
Elle était dans mes bras, le cœur battant

A 17 ans je me contentais de l’admirer
De l’embrasser et de la voir sourire
Du poète, elle a préféré l’amitié
Première conjugaison du verbe souffrir.

Pascal

Publié dans Vécu | 6 commentaires

Mon amour sur Glane

Notre amour venait de naître
Je vous admirais devant votre fenêtre
Puis les premiers mots sur le chemin
Et ce jour où j’ai osé prendre votre main

Je voulais vous dire quelques mots
A propos de tout ces ragots
Sur l’authenticité de mes sentiments
Mais je n’en n’ai pas eu le temps

Moi, je ne buvais et ne fumais pas
Je n’étais pas à la distribution de tabac
J’étais parti dans les champs
Je pensais à vous en travaillant

Je récitais des mots d’amour
Pour vous les dire à mon retour
Du fond de mon pré, j’ai entendu vos cris
Vous étiez victime des soldats et leur folie

Ils sont arrivés dans le village
Avec la fureur d’un terrible orage
Mettant les rues à feu et à sang
Massacrant hommes, femmes et enfants

Prisonnière de l’église en flamme
Désormais ma vie serait sans femme
Comment pouvais-je comprendre
Mon aimée n’était plus que cendres

Notre idylle fut plus que brève
Juste le temps d’effleurer vos lèvres
Oradour est gravé dans l’histoire
Vous, vous l’êtes dans mon cœur et ma mémoire.

Pascal

Publié dans Non classé | 7 commentaires

l’euro million

Ca y est, j’ai gagné à l’euro million
Je fais partie de ceux qui sont pleins de pognon
Je n’arrive même pas à tout compter
Tellement que j’en ai gagné

Je vais me débarrasser de ma vieille voiture
Pour rouler dans la luxure
Conduisant un verre à la main
Croyant être sur le bon chemin

Je vais pouvoir m’envoyer en l’air
Avec la compagnie adulte air
Oublier la douceur de mon ménage
Pour les turbulences d’un sexe voyage

A moi la grande vie
Ouvrez les portes des interdits
Je serai royal au bar
Qu’on me fasse porter des cigares

Que l’on arrête les sirènes de police
C’est moi le patron du vice
Qu’ils oublient un peu leurs pouvoirs
Et qu’on leur serve à boire

Arrêtons-là cette plaisanterie
J’ai assez avec mes économies
Mes richesses sont ailleurs
Cachées au fond de vos cœurs

Tampis, même si il se fâche
Il faut que le diable le sache
Je le crierai pour qu’il m’entende
Mon âme n’est pas à vendre.

Pascal

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Ha! Les jeunes

Je veux dire au monde entier
Qu’il y a des jeunes dans ma cité
Qui ont envie de s’enfuir
Vers la joie d’un plus bel avenir

Il y a des jeunes dans ma cité
Qui sont un peu agités
Et s’ils sont un peu bruyants
C’est parce qu’ils ont vingt ans

Il y a des jeunes prêts à tout
Pour sortir de notre trou
Ils ont envie de travailler
Pour réussir et même s’expatrier

Il y a des jeunes dans ma cité
Qui ont besoin de se retrouver
Pour vivre ensemble leur jeunesse
Est-ce là une terrible faiblesse

Il y a des jeunes remplis d’espoirs
Et des plus vieux responsables du pouvoir
Les jeunes ne cherchent pas à faire peur
Ils rêvent d’un monde meilleur

Passant souviens-toi de ce temps
Ou moi aussi j’ai eu vingt ans
J’ai dû surement faire du bruit
Ce n’était pas le premier de mes soucis

Souviens-toi, il y avait des jeunes dans ma cité
Qui ont dû en vieillissant oublier
Qu’un jour, ils ont eu vingt ans
Et qu’ils ont dû être un peu bruyants.

Pascal

Publié dans Vécu | 7 commentaires